Hameçonner des lecteurs adultes à l’Imaginaire : « Une Heure Lumière », avec des textes hybrides, courts et percutants.

Suite à une note rédigée dans le cadre professionnel, je reviens sur la collection « Une Heure Lumière » des éditions « Le Bélial’ ». Pour quelques lectures imaginaires particulièrement marquantes cet été.

Vous cherchez des titres qui permettraient de développer l’attrait de la Science-Fiction en particulier, et des Littératures de l’Imaginaire en général, auprès de lecteurs adultes pas forcément séduits a priori ?
À commencer par vous-même ?
J’attire votre attention sur certains titres de la collection « Une Heure Lumière » aux éditions « Le Bélial’ ».

Textes
courts et forts

À l’esthétique épurée et séduisante sous le pinceau d’Aurélien Police, même si le format poche n’a pas forcément la faveur des bibliothèques, « Une Heure Lumière » se décline en textes courts, novella à la façon américaine. Ils sont écrits par des auteurs contemporains très en vue dans la SF pour aficionados…
Si la SF pure et dure constitue une part importante des titres de cette collection et du catalogue de l’éditeur, certains des textes ont l’avantage d’être très abordables. Et de mixer les genres. Ils apportent ainsi plusieurs entrées possibles pour les curieux.
Ils hameçonnent et ferrent le lecteur pour l’entraîner vers d’autres textes plus longs ou plus typés.

Argument non négligeable, le prix de chaque titre oscille entre 8,90 € et 10,90 €.
Sur le site de l’éditeur les commandes en direct sont possibles pour 0,01 € de frais de port.
Tous les volumes sont disponibles en version numérique pour 4,99 €.

Des ténors de la SF donnent ainsi dans le fantastique et/ou le thriller horrifique, tout en les glissant dans des étuis d’anticipation.
Le cocktail des ingrédients de différents répertoires
se révèle souvent aussi dérageant que fascinant.
Mises en bouche de caractère, ces petits livres appâtent en hors-d’œuvres pour les néophytes ou en véritables gourmandises savoureuses pour les amateurs.

Quelques titres
« cocktails »

Quelques indices pour les titres que j’ai découverts récemment alors que je n’étais pas le public a priori ?

L’oppressant « Les Agents de Dreamland » s’annonce en démarquage suffoquant du massacre de Wacco, avec une ambiance virtuose de roman noir.
Maligne, Caitlin R. Kierman en profite pour replacer toute l’ambiguïté de la mythologie de Lovecraft dans sa puissance anticipatrice. Arrivé au point final, le lecteur ne peut qu’y retourner dès le début…
S’il ne s’est pas suicidé juste après la première lecture.
(un peu plus, ici)
Autant s’y re-noyer avec un peu d’ambiance
À ne pas rater surtout, si on ne connaît rien à Lovecraft.
(Traduction Mélanie Fazie).

« Le Temps Fut » de Ian McDonald est une très élégante histoire de voyageurs temporels, traqués entre les pages par un bouquiniste hédoniste. Un roman intimiste qui évoque pourtant les principaux conflits guerriers depuis 1939. Élégant, certes, et savoureux surtout pour les amateurs de livres et de lecture.
(Traduction Gilles Goulet).

Dans le genre thriller sanglant avec femme forte, Tade Thompson revisite avec brio, et mystères, la mythologie du tueur en série dans « Les Meurtres de Molly Southborne »…
Un vieil arôme de Guerre Froide façon John Le Carré flotte sur l’épopée violente de cette jeune héroïne qui passe beaucoup de temps depuis sa puberté…
À se massacrer elle-même !
Au sens propre. Mais avec beaucoup d’éclaboussures écœurantes et de décapages sanitaires nécessaires. Éprouvant avec talent ! Même en musique
(Traduction Jean-Daniel Brèque).

C’est le romantisme fantastique gothique, avec tout de même un peu de science technologique, qui a inspiré Lucius Sheppard, dans « Les Attracteurs de Rose Street ».
Cet auteur est un spécialiste du mélange des genres, pour mieux écrire des ouvrages forts mais souvent « choquants ».
Ce titre-là est pour autant abordable par les âmes sensibles, c’est bien le sujet… Une ambiance proche du « Frankenstein » de Mary Shelley et de « Penny Dreadful » ou « Sleepy Hollow ». (un peu plus, ici)
(Traduction Jean-Daniel Brèque).

Dernier opus pour aujourd’hui, « Un Pont sur la Brume » aborde les relations humaines au travers de l’architecture et de la construction d’un ouvrage de génie, contrariée y compris par la superstition et les habitudes. Difficile de faire un pont pour de bon, envers les êtres humains et malgré eux.
Un texte en Imaginaire parce que ce pays n’existe pas. Mais qui aurait pu être un ouvrage de «Blanche » si le pont avait été jeté par-dessus un fleuve réel. Kij Johnson y joue d’un style tout à la fois intimiste ou musclé.
(Traduction Sylvie Denis).

Comme écrit en ouverture, la collection compte aussi des textes de SF pure… et dure.

© Georges FOVEAU – Juin 2021

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