Making of Dark Rooms 02

Anatomie d’une autonomie : Van Trampus (2/2)

Petit article autour de l’indépendance existentielle d’un personnage de fiction en 2 parties…

Rebondissements d’opportunité

À peine créé, Déodat Van Trampus vit donc une étrange aventure en 1909 et demande à Compas de l’élucider en 1929. La distribution de son rôle est de pure opportunité et limitée, a priori, à cette seule apparition.

C’est compter sans l’aplomb des personnages, souvent cabots, qui veulent toujours en vivre plus…

Fin 2019, créateur de la web-série « Dark Rooms », Thibaud Langlumé me demande de travailler avec lui sur le background historique de son univers très contemporain.
Et, c’est la fameuse cascade des imbrications logiques… Du moins dans la cervelle fictionnelle de l’auteur sollicité qui veut donner une profonde cohésion à une nouvelle proposition.
Là encore, l’option choisie est d’étoffer la réalité littéraire, en orchestrant des histoires à partir de « l’existant ».
Du coup, pour donner beaucoup à imaginer aux lecteurs et les accrocher à l’hameçon du « je veux en savoir plus… », je confie forcément l’enquête à Théodore Compas. Et à ses complices…

Voilà notre Van Trampus qui resurgit à la faveur de cette enquête. Il rejoint l’armée de l’ombre de la société secrète, mécaniste et occultiste.
Van Trampus est même le premier personnage a être cité à comparaître par Compas au titre de son enquête dans « La Société des Vieilles Têtes à Longs Chapeaux » (page 27). Sa bibliothèque s’ouvre aux lecteurs sur le premier chapitre

Van Trampus,
considéré en tant que tel

Mais Déodat Van Trampus existe aussi par lui-même, ou plutôt par sa bibliothèque, dans un ouvrage hors « mythologie » SVTLC.
La nouvelle « La Bibliothèque Van Trampus » a été publiée en 2019 dans le recueil thématique : « Il était une fois dans la bibliothèque », aux éditions Gaussen, sous la houlette du fameux auteur et anthologiste Patrick Coulomb.
Plus que son créateur et mentor, le personnage de ce texte est bien la bibliothèque en elle-même. Comment, par exemple, elle a transmis à Théodore Compas une fascination pour le livre en général et pour l’antre, riche et mystique, qu’elle est. Refuge aux milles aventures dont les lectures ne sont pas les seuls plaisirs…
Une bibliothèque dont le pouvoir de rêves, d’évocation et d’invocation dépasse largement la somme de la seule accumulation de lignes précieuses.

Van Trampus s’approprie sa vie

Ce n’est qu’un autre pas vers l’appropriation de sa propre vie par le personnage lui-même. Un peu comme si chaque entité littéraire avait la faculté de devenir un monstre de Frankenstein autonome.
Une appropriation qui dépasse l’auteur, fut-il le créateur.
Même si le créateur reste « directeur » de la cohérence physique et psychologique, ou chronologique du personnage.
Même si Van Trampus devient le personnage de deux autres auteurs.

Vous découvrirez certainement très bientôt un peu plus cet aventuriers des livres perdus. Il joue un rôle important dans une nouvelle écrite par Pauline Amiel.
Ce texte est à paraître dans le deuxième volume consacré aux « Vieilles Têtes A Longs Chapeaux ». Van Trampus y est sur la fin de sa vie. Mais il y prend un peu plus de chair et de profondeur psychologique, sur les méandres des lignes et du temps réunis.

Dans la nouvelle audio ou podcast « Un importun nocturne chez Van Trampus » de Vincent Corlaix, c’est bien le tandem Van Trampus et sa bibliothèque qui s’étoffe en une dimension qui prend un peu plus de volume…

La SVTLC :
encrier pour plusieurs plumes ?

Je pourrais d’ailleurs dresser le même portrait en « fameuse cascade des imbrications logiques… », pour le génie ingénieur miniaturiste ingénieux original Kleinwerk qui apparaît pour la première fois dans…
Tiens ! Dans « Mobilis in mobile », lui aussi.
Un peu comme si Compas était à la fois le centre et le périmètre de l’existence de certains personnages, ensuite monadisés en tant qu’eux-mêmes.
D’ailleurs, « La Chouette de Kleinwerk » a été écrite par…
Vincent Corlaix !

Étonnant non ?

Mais, peut-être, n’est-ce qu’un début ?
Il faut toujours se méfier des intentions des Vieilles Têtes à Longs Chapeaux.

© Georges FOVEAU – février 2021

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