Making of Dark Rooms 01

Anatomie d’une autonomie : Van Trampus (1/2)

Petit article autour de l’indépendance existentielle d’un personnage de fiction en 2 parties…

Van Trampus et sa bibliothèque

Avec la diffusion du 4° épisode de la saison 1 des Podcasts « Dark Rooms », je reviens sur l’existence de plus en plus « documentée » du fameux Déodat Van Trampus et de sa bibliothèque mythique.
Cet « Importun nocturne chez Van Trampus » a été écrit par Vincent Corlaix, qui l’a aussi mis en sons.
Le personnage et son antre sont deux piliers mythologiques de la saga des « Vieilles Têtes à Longs Chapeaux ».
Un premier opus a été publié aux éditions Rouge Safran en 2019.

« Borges chez Van Trampus »
© Thibaud LangluméDark Rooms

Borges chez Van Trampus !

Dans cet épisode, un certain Jorge Luis Borges s’immisce entre les pages du collectionneur. Il y découvre quelques merveilles qui risquent fort de s’imprimer en lui jusque dans ses futures créations. À cette époque, Borges est juste un inconnu.
En 1921, au moment où se déroule cette intrigante péripétie, Van Trampus a déjà une longue carrière dans les feuillets aventureux. Il campe une espèce d’Arsène Lupin des vieux bouquins. Et sa Bibliothèque est déjà apparue dans une mythologie…
Pour laquelle elle n’a pas été créée au départ !

Une commande pour Saint-Cannat

Pour être totalement anachronique, si Déodat Van Trampus est né en 1864, il a été créé en 2016 pour les besoins d’une commande.
Cette nouvelle de fiction était destinée à l’école de Musique de Saint-Cannat. J’avais été missionné par sa directrice, Sophie Vallauri.
L’idée était d’écrire une histoire mettant en valeur le patrimoine de la commune, autour d’un événement fort : le tremblement de terre de 1909.
Le texte, « Mobilis in mobile », devait :
– être lu en public,
– mis en musique par les professeurs et les élèves de l’école de musique (lecture-concert publique à la salle Yves Montand de Saint-Cannat, le 26 Novembre 2016),
– servir de base à un jeu de piste familial initiant la découverte du patrimoine de la ville (organisé l’après-midi avant le concert).

Écrire une « vraie » histoire

Pour autant, il fallait écrire une « vraie » histoire.
Donc crédibiliser ma fiction en usant d’un univers possédant déjà une once de profondeur.
J’ai choisi de bâtir celle-ci autour d’un détective qui avait déjà connu quelques affres criminelles et fantastiques : le sémillant Théodore Compas. Le même Compas qui avait déjà enquêté à l’instigation de la même Sophie Vallauri, en 1925/2011.
Enquêteur de l’Occulte des Années Folles, Théodore avait déjà connu 4 mises en lignes de ses péripéties fantastico-mondaines avant son épopée cannadéenne :
– « Ruines Noires Lamas rouges, Mongolie 1921 », toujours inédit (2004) ;
– « Isle Joyeuse » (2010), texte de commandé par Sophie Vallauri pour un concert-lecture autour de la partition éponyme de Claude Debussy (spectacle donné en 2011) ;
– « Le Mystère des Pennes », texte de commande par Anne-Marie Germain pour la médiathèque des Pennes-Mirabeau. Le texte a été publié à l’occasion de son festival du livre, cette année-là sur les enquêtes policières historiques au début du 20° siècle. L’opus a été édité en fascicule « fac simile » d’époque. Il a été lu en musique en public et support d’un jeu de piste familial, toujours en novembre 2011.
– « Joyeux Noël 1926, Théodore », in « Bonnes Fêtes, vos 13 desserts littéraires », Rouge Safran 2013.

« Le Mystère des Pennes »
à commander ici

Enrichir un univers et créer de la cohésion

Bref, je voulais créer de la cohésion narrative par l’enrichissement des aventures de Théodore Compas.
Las, Théodore naît la veille de la mort d’Oscar Wilde, fin 1900. En 1909, il a 9 ans. L’orphelin fier à bras est encore un tantinet trop freluquet pour échapper aux jupons parisiens de sa grand-mère et affronter les soubresauts chthoniens dans l’ancienne bourgade templière…
J’ai alors eu l’idée de créer une terrible frayeur cannadéenne en 1909, sur laquelle enquêterait Théodore Compas 20 ans plus tard, à la demande de la victime de l’époque, un très vieil ami de la famille, professionnel du livre rare, à sa manière.

Du coup, nous voici avec un Van Trampus à l’article de la mort et avec sa collection intrigante de volumes rares, recherchés et pas tous très catholiques, loin de là.

À suivre….

© Georges FOVEAU – février 2021

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