Bière et phylactères, bulles confinées 01 : La Mécanique du Sage

Je ne lis plus beaucoup de BD.
Mais je m’y remets de-ci de-là, sur un conseil, un clin d’oeil…
J’écoute rarement France Culture…
C’était pourtant sur cette station, au hasard d’un doigt tardif et lourd cherchant une fréquence audible, en allant un soir d’avant en auto chez celle qui me manque tant…
J’ai entendu par hasard l’autrice de cette BD. Elle en parlait sur les ondes brouillées de brume…
5 minutes, pas plus.

Mais je me suis laissé tenter par l’argument saugrenu mais « authentique », et par le ton trop sage de la dessinatrice qui semblait bien cacher son jeu… mais pas trop…

Donc « La Mécanique du Sage » de Gabrielle Piquet aux éditions Atrabile (2020 – 15 €)…


Que dire…

Surpris, j’y suis allé, presque à reculons.
Même si j’étais intrigué par cette couverture d’un rose tendre avec ses personnages en ligne claire, dans une situation qui devrait paraître scabreuse et… qui prête à sourire avec connivence, pourtant.

Que dire…

Tirée d’une histoire vraie, entre Édimbourg et Aberdeen, cette Mécanique du Sage narre la recherche de la sagesse par Charles Hamilton, tour à tour jouisseur tranquille puis mélancolique douloureux. Il est en « alternance ». Entre plaisirs volages et introspection profonde, son âme balance… D’autant que le hasard d’une dulcinée volage lui confie une petite fille, tout aussi étrange que lui…
Jusqu’au jour où Charles Hamilton décide de se payer un « hermite ornemental », rien que pour lui.

Des compagnons canins très présents…

Acquis juste avant le confinement, j’ai lu deux fois d’affilé en trois jours ce volume empreint d’émotions et de cocasseries, ces dernières ne dévalorisant jamais les premières.
Le dessin pourrait paraître simpliste. Il se tisse finalement d’une immense richesse et colle parfaitement à la bipolarité tranquille mais souffrante du héros. Sans jamais négliger les détails qui font toute la collusion entre la narratrice et le lecteur… Entre autres, ces femmes nues sans fausse pudeur et ces mignons compagnons canins de cette bonne société en ébriété…

Quant à la fin ?
Inattendue, très drôle : elle est bien amenée. Le lecteur ne s’y attend pas du tout.
Elle est si soigneusement concoctée…
Qu’on finit par se demander si elle n’est pas le point de départ insolent de toute cette si touchante histoire.

Tendre, drôle, profonde, cette mécanique se lit et se relit avec une jubilation complice.

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© Georges FOVEAU – avril 2020

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